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Message  Gabriel Barentin le Ven 22 Aoû - 7:52

Gabriel venait d’arriver à l’hôtel de ville de Nemours-de-Carmélide, son fief. Il était vraiment très satisfait que le destin de l’Aldarnor ne se joue plus qu’exclusivement dans les salons du Palais-Sacré comme jadis ; ces élections dénotaient un véritable progrès et l’entrée de l’Aldarnor dans un autre âge, un vent de modernité soufflait sur le pays, entrainant de grands bouleversements que le pouvoir royal gérait dans l’ensemble plutôt bien. Il fallait simplement inviter plus de monde autour de la table, élargir le suffrage. Gabriel Barentin avait parfaitement compris que c’était le petit peuple qui demandait l’intervention de l’État sur certains points importants, comme la régulation des prix des denrées de première nécessité. Ainsi donc, si le sujet officiel du discours était l’intervention étatique dans l’économie, en vérité, le cœur de cette intervention était bien l’élargissement du suffrage.

La salle était pleine à craquer, finalement, il y avait bien plus de 250 personnes à vue d’œil. La haute bourgeoisie était attirée par cet homme, l’un des leur, qui préconisait l’intervention de l’État pour réguler l’activité économique quand bien même tout son milieu social pensait le contraire et vouait une défiance sans faille à cet État qu’il voyait comme un montre capable à tout moment de casser la croissance. Chaque mouvement d’humeur du roi était vu comme une tentative de restaurer l’absolutisme d’antan. Barentin voulait ce soir chasser le scepticisme de ses congénères. Mais il n’y avait pas que la « haute », des ouvriers, des contremaitres, des employés, des instituteurs, nombre de strates sociales étaient représentées ce soir. A eux, il faudrait leur dire que les radicaux veulent en faire des citoyens, des vrais, des électeurs.

Barentin arriva à son pupitre sous les applaudissements nourris de l’assemblée. Les militants ne manquèrent pas d’entonner un « Barentin chancelier ! Barentin chancelier ! »…

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Message  Gabriel Barentin le Ven 22 Aoû - 7:53

— Bonsoir à tous. Merci de votre accueil. Je reviens ici ce soir dans cette ville qui est la mienne, qui est la notre, pour vous convaincre du bienfondé de voter pour radical à ces élections générales, même si je gage que vous n’êtes pas les plus difficiles à convaincre [Rires]… Je constate que vous êtes bien plus de 250, ce n’est pas pour me déplaire, et c’est même avec grand plaisir que je suis venu vous parler de l’avenir de ce pays, un avenir qui est intimement lié à la conception que nous avons tous de ce que doit être l’État.

Du temps où le roi gouvernait avec un cercle restreint de fidèles, l’État ne pouvait pas tout : la confiance royale étant accordée avec parcimonie, les gouvernants étaient peu nombreux. L’État était donc nécessairement diminué, et se dirigeait parfois à l’aveugle. Il était la proie des pressions partisanes, les réformes dépendaient du parti en grâce à la cour, sans que les orientations prises ne puissent reflétait la volonté du peuple. Aujourd’hui, Sa Majesté a la chance de pouvoir bénéficier d’élections dans lesquelles le peuple peu donner son avis. Le roi peut donc savoir rapidement et réellement si la politique qu’il mène est celle que veulent les gouvernés. Le roi ne règne que pour le bien de ses sujets et dans leur intérêt. Le choix des électeurs doit donc être respecté en tout état de cause : le roi ne peut nommer un chancelier sans tenir compte du message populaire sans violer son devoir le plus sacré ! C’est un premier point qu’il me fallait exposer. Je suis avant tout un admirateur de l’équilibre des pouvoirs : au roi la puissance exécutive et la légitimité monarchique, à la Chambre des nonces la puissance législative et la légitimité démocratique et aux pairs la puissance judiciaire et la légitimité aristocratique. C’est une maxime simple, mais essentielle pour appréhender ce que doit être notre futur et ce vers quoi nos institutions doivent tendre.

Pour garantir ce point d’équilibre, il est important que l’État intervienne dans la vie économique. Une intervention raisonnée et adéquate. L’État se doit de protéger chaque citoyen des écarts et abus des autres. Ainsi, il faut protéger les ouvriers de la toute puissance de leur patron. Je suis patron, mais je suis parfaitement opposé au livret ouvrier. C’est une aberration, une gêne à la libre circulation, et instrument esclavagiste odieux. Mettons fin à la conception ancienne des corporations pour renouveler cette institution et en faire un instrument de défense des ouvriers plutôt qu’un carcan. Je vais vous avouez que le secret de ma réussite repose sur l’état d’esprit dans lequel mes ouvriers arrivent au travail. Voyez-vous, j’ai fondé tout un village, dans lequel chacune des familles de mes ouvriers dispose d’une maison et d’un jardin, il y a une école et une église et un grand potager commun. C’est certes très bucolique de prime abord, mais en vérité, c’est ce qui aujourd’hui fait de moi l’un des hommes les plus riches du royaume. Ainsi gonflé de prétention, Barentin poursuivit. Un ouvrier heureux, ou à tout le moins satisfait de sa condition travaille mieux, plus rapidement, et sera mille fois plus fidèle qu’un autre.

La mission de tous les radicaux est d’améliorer la condition de chacun. Ouvrier, comme bourgeois. Je vous invite chacun à réfléchir à cette question. L’État doit intervenir pour garantir cet équilibre essentiel entre toutes les franges de la population afin d’apporter la paix sociale que chacun appelle de ses vœux. L’État doit aussi assurer le contrôle des prix des denrées élémentaires. Non pas un contrôle draconien qui impose des prix, non ; un contrôle a posteriori qui sanctionne les affameurs, les profiteurs de misère. Mieux vaut la liberté que la censure. Je préfère mille fois un État libéral qu’un État policier. Ayons confiance en les juges de Sa Majesté qui font admirablement bien leur travail.

Je ne serai pas radical si je ne vous disais pas que l’État doit intervenir dans l’instruction de nos enfants ! il est impératif de rendre l’école obligatoire jusqu’à douze ans. Cela éviterait de voir notre jeunesse trop tôt dans les mines ou dans les champs. C’est un gage de promotion sociale que de pouvoir être éduqué quant bien même notre famille n’en a pas les moyens. Cette école obligatoire et gratuite permettrait à tous de savoir lire, écrire et compter. Une population instruite est le gage d’un élargissement des capacités de chacun. Signons sur le champ un contrat avec le pouvoir : d’ici dix ans, cette réforme audacieuse permettra un élargissement considérable du suffrage ! C’est un outil de liberté pour le peuple. Nous émancipons les masses laborieuses, n’en ayons pas peur, c’est une chance bien au contraire.

Améliorer les conditions des plus démunis, c’est améliorer nos chances d’écarter la révolution des possibilités de ces gens. C’est balayer les théories socialistes dangereuses pour tout le monde : pour les prolétaires, car c’est leur sang qui coule ; et pour la bourgeoisie, car elle y perdrait son âme et sa position de modèle.

Le discours se poursuivit encore pendant une heure. Après cela, chacun fut invité à se désaltérer et grignoter : la soirée se termina tard dans la nuit.

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